Le nom de Gramat provient d'un grand tumulus, jadis élevé au centre
de la cité et appelé Mont Eluet. Il s'agissait en fait d'une scépulture
que les Cosaques appelaient des Grammats. Le seul vrai tumulus, témoin de cette époque et toujours visible,
se situe à coté de l'hippodrome du même nom, car aujourd'hui ne demeurent tout au plus que
quelques dolmens dans les environs de Gramat.
Le site de Gramat, est fréquenté depuis la préhistoire ainsi qu'en témoignent
les nombreuses découvertes de hâches, silex taillés, pointes de flêches, et,
surtout, celle de l'abri du Cuzoul. Cette découverte permit de mettre à
jour un squelette humain datant d'environ 8000 ans avant J.C, appelé Homme de Gramat, et exposé
au musée de St Germain-En-Laye.
La cité de Gramat, est née au carrefour des anciennes voies gallo-romaines,
Cahors-Limoges et Rodez-Périgueux. Cela lui fit profiter d'une situation
privilégiée, au contact des terroirs complémentaires du Causse et du Limargue,
mais également sur le passage des marchands et des pèlerins.
Si la circulation des marchandises fut aisée, les invasions bénéficièrent également de cette facilité. Et Gramat ne fut quère épargné par
celles-ci, car tour à tour se succédèrent les Arabes, au VIIeme siècle, puis les Normands au IXeme et
Xeme siècle, qui pillèrent la ville.
Au moyen Age, Gramat devient une baronnie, ayant droit de suzeraineté sur Carennac, Loubressac,
Autoire, Miers, Mayrinhac Lentour et Lavergne. A la tête de cette baronnie, quatre familles de seigneurs se sont
succédées. Par ordre chronologique, on trouve les familles de Castelnau (950 à 1360), d'Aigrefeuille (1360 à 1500),
d'Auriolle (1500 à 1600) et Foulhiac (1600 à 1789).
La Guerre de Cent ans apporta son lot de destructions et de souffrances. Les entrées principales de la ville, étaient
défendues par de grandes portes. Derrière celles-ci, deux autres portes fortifiées gardaient la place dite du château. En 1356, après
le désastre de Poitiers, un détachement de l'armée du Prince de galles parcourut le Quercy, et entrèrent dans la ville. Ils la ruinèrent
complètement, mais ne purent s'emparer du château grace aux fortifications évoquées plus haut. Trois jours durant, Gramat fut
occupé par les anglais.
Suivit alors un pèriode de troubles à répétition entre seigneurs locaux. Les dévastations furent si nombreuses et fréquentes, que les
habitants fuirent en Espagne, pour la plupart. A la fin des hostilités, il s'avéra que Gramat ne comptait que cinq habitants seulement. Pour
repeupler le pays, arrivèrent des colonies d'émigrants du Limousin, du Rouergue et du Gévaudan.
Durant les guerres de religion, occupations, pillages et destructions refirent leur aparition. Catholiques et
Protestants se succédèrent dans Gramat. Les habitants durent supporter angoisses des luttes, réquisitions et
pillages. En 1562, les chefs du parti calviniste pillèrent la région pour procurer argent et vivres aux armées. Les églises ne furent pas
épargnées, notamment à Roc-Amadour et à Gramat. Cette dernière fut même incendiée en 1568 toujours par ces mêmes troupes.
Cependant, le calme revint, et Gramat, gros bourg agricole s'affirme ensuite comme centre d'échanges paisiblement à l'abri des grandes
mutations. La Révolution de 1789 eut évidemment quelques répercussions sur la vie locale. La population était peu enclinte à fournir des
volontaires, et la résistance des prêtres à prêter serment eut comme conséquence de voir ceux-ci interdits d'exercer leur ministère. Poussées par Mr Delpy, curé
de Gramat, des femmes en vinrent même à s'insurger de la confiscation des biens du clergé, et réclamèrent que ceux-ci leur soient
restitués. Ce fut chose faite après que les prêtres eurent signés une déclaration de soumission aux lois de la république.
Par la suite, les deux grands conflits mondiaux marquèrent la vie de Gramat. Durant la première Guerre Mondiale, Gramat eut son lot de jeunes gens réquisitionnés, et
beaucoup ne revinrent pas du champ de bataille. D'autre part, de par son élevage de chevaux et ses haras, à cette époque là trés florissants, Gramat servit à la fois de
ville de garnison et de ville étape.
La seconde Guerre Mondiale, vit l'arrivée et le passage de nombreuses troupes allemandes, bien qu'en zone dite libre. Au lieu-dit Gabaudet, des exactions eurent lieu
perpétrées par des troupes de la division "Das Reich" en représailles à des actes de résistances.
De nos jours, la vie est plus paisible à Gramat, gros bourg chef lieu de canton, tourné vers l'artisanat et l'agriculture essentiellement composée de
petites exploitations familiales, et traditionnelles.